Statues, les supports de la pratique - Du choix du support juste

Karmé Guendune : Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi consiste votre activité au monastère ?

Lama Tashi : L'activité que je partage avec Lama Djangtchoub Nyingpo et Droupla* Rabjam consiste à remplir les statues (creuses à l'origine) que des pratiquants ou différents centres du Dharma nous font parvenir.

Nous partageons cette  activité avec les centres de retraite où les retraitants apprennent aussi à remplir les statues et à faire des rituels de consécration. D'abord, ils font un premier rituel pour consacrer les mantras avec lesquels nous remplissons les statues ; puis un deuxième, pour la statue elle-même, une fois qu'elle aura été remplie. Ils font un rituel par mois et il faut donc compter au moins deux mois, uniquement pour les consécrations.

Karmé Guendune : Quelles informations importantes souhaitez- vous communiquer aux personnes qui vous font parvenir des statues ?

Lama Tashi : Cela concerne le choix de la statue. Il faut bien comprendre que celle-ci est un support de pratique. Dans les textes, il est dit que le support doit être parfait, car on va créer une connexion avec lui. Si le support est parfait, le fait de pratiquer avec sera à l'origine d'un bienfait pour soi-même et  pour les autres. Le Bouddha a enseigné qu'il y a un lien entre le support et la personne qui va méditer.

Parfois, nous recevons des statues qui ne sont pas belles ou qui ne sont pas dans les canons. Nous les refusons en conseillant aux personnes  qui nous les ont apportées de les garder comme objets décoratifs. Si l'on a un doute dans le choix d'une statue appropriée, il est préférable de demander conseil  à un pratiquant qualifié. Il faut également faire attention à la finition. Parfois, il manque les pétales du lotus, et cela demande beaucoup de travail de réparer ce genre de défaut.

Ce que l'on commence aussi à voir, ce sont des personnes qui proposent des kits de remplissage qu'ils ont trouvés sur Internet ou ailleurs. Bien souvent, ils ne correspondent pas à la statue et  comme on ne sait pas de quoi ils sont composés et de quelle manière ils ont été confectionnés, on ne peut pas les utiliser.

Karmé Guendune : Comment pouvons-nous vous aider dans cette activité ?

Lama Tashi : Depuis le temps du Bouddha, l'interaction entre la générosité des laïcs et l'activité spirituelle de la communauté monastique a permis d'avancer ensemble. L'ermitage monastique a toujours pu se développer grâce à l'aide de la communauté laïque qui, elle aussi, a pu pratiquer les enseignements grâce à l'aide de la communauté monastique.

Traditionnellement, une offrande accompagne la statue à consacrer. On ne doit pas la voir comme quelque chose d'ordinaire, mais comme une manière de créer un lien avec le dharma* et le monastère, un moyen d'accumuler du mérite. On peut également nous donner certaines substances, comme des pilules venant du Karmapa, des pierres semi-précieuses, de l'encens, de la feuille d'or, etc. Il conviendra alors de nous en indiquer l'origine.