Une retraite de groupe à l'ermitage - Tentez l'expérience !

L'ermitage n'est pas qu'un lieu voué aux retraites individuelles. Christophe nous fait part de sa belle expérience en groupe.

Karmé Guendune : Pourquoi t'es-tu tourné vers le Bouddhisme ?

Christophe : J'ai toujours été intéressé par le Bouddhisme. A 25 ans, j'avais tout dans ma vie : une femme, un enfant, un coupé Mercedes. J'étais content mais c'était un bonheur fait d'illusions, cela sonnait faux. Je me suis aperçu que le bonheur ne dépend pas des choses extérieures !

Karmé Guendune : Es-tu ici en retraite individuelle ?

Christophe : Je ne suis jamais venu en retraite individuelle. Nous sommes un groupe du KTT de Pau en stage sur les paramitas* avec Lama Shédroup. La première session de pratique à 7h est libre. Après le petit déjeuner, il y a une méditation de groupe de 50 minutes environ puis l'enseignement et un espace pour les questions. L'après-midi est divisé entre sessions de pratique, enseignement et espace pour les questions.

Karmé Guendune : Quel est l'intérêt d'une retraite de groupe ?

Christophe : Comme nous sommes un petit groupe qui nous connaissons, pendant les sessions, les questions débordent sur notre expérience personnelle. Une retraite de groupe offre un cadre où nous n'avons pas peur de nous ouvrir les uns aux autres, de nous livrer. C'est intéressant car il me semble que cela n'est possible que dans le cadre d'une retraite, parce que nous partageons quelque chose d'intense et fort et nous nous sentons plus à l'aise, il y a davantage de confiance les uns envers les autres. Il est aussi vraiment intéressant d'essayer d'analyser, de « décortiquer » les choses.

Karmé Guendune : Qu'est-ce qui t'a motivé à venir à Kundreul Ling pour effectuer un tel stage ?

Christophe : Je viens pour me mettre sous l'influence de ce qui se passe ici. Cela signifie pour moi être sous l'influence de quelque chose qui n'est pas extérieur, mais profondément intérieur pour toucher le bonheur. Dans la vie quotidienne, il y a beaucoup d'agitation et je ne pratique pas assez pour toucher cette expérience de la même façon. On peut goûter au bonheur bien sûr mais ce n'est pas aussi concentré et intensif. D'autre part, on ne fonctionne pas ici sous les mêmes lois que « dans le monde ». A l'extérieur, nous sommes en perpétuels compétitions, conflits d'intérêts, jeux de pouvoir, cela ne tient pas ici, parce que nous ne sommes pas dans une lutte. Nous regardons tous dans la même direction, l'éveil, et nous essayons d'avancer ensemble. C'est moins fatiguant ! Cela correspond à ce que j'ai envie de vivre.

Karmé Guendune : Comment intègres-tu ton expérience de retraite à ta vie quotidienne ensuite ?

Christophe : Pour moi cela signifie essayer de rester vigilant à ce que je fais et utiliser les situations quotidiennes pour pratiquer. C'est beaucoup plus difficile qu'en retraite. Il y a plus d'agitation et de distractions à l'extérieur. Je suis influencé et plus agité dans l'esprit. Le jeu consiste à ne pas tomber trop loin dedans. Quand je rentre chez moi, j'essaie de faire bénéficier les autres de la joie que j'ai emmagasinée ici.