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"Karmé Guendune" (sangha du Karmapa) est le bulletin de l’ermitage monastique et des centres de retraite de Dhagpo Kundreul Ling, en Auvergne.
Cette communauté fut créée par Guendune Rinpoché, selon les souhaits du XVIe Gyalwa Karmapa de répandre l’enseignement du Bouddha en Occident.

KARME GUENDUNE N° 23 - Automne 2007

Sommaire

Gyalwa Karmapa à Kundreul Ling - Douceur, puissance et clarté de l’éveil

Pourquoi ces visages souriants et heureux rassemblés en cette fin d’après-midi du 26 juin ? Pourquoi cet air de fête des grands jours ? Gyalwa Karmapa* arrive à Kundreul Ling. Les communautés monastique et laïque l’ont accueilli officiellement le lendemain dans le grand temple paré pour l’occasion de ses plus beaux brocarts. Des offrandes traditionnelles de thé, de nourriture, ainsi que d’autres supports de l’activité bénéfique pour les êtres a été effectuée pour accueillir et remercier Gyalwa Karmapa de sa présence. Il nous a dit sa joie d’être parmi nous à nouveau. Il a incité chacun à garder ses engagements et à mener ses promesses de bodhisattva* jusqu’à leur terme, l’éveil : « j’ai confiance en vous, je sais que vous avez la force de le faire ». Gyalwa Karmapa était accompagné de Nendo Rinpoché et de quatre moines. Jigmé Rinpoché, Thinlay Rinpoché et Lama Pourtsé l’ont rejoint à Kundreul Ling. Durant son séjour, il a rendu visite aux centres de retraite et a conféré à un large public l’initiation de Dordjé Sempa* le 1er juillet. Son séjour avait aussi pour but la rencontre avec la sangha monastique afin de répondre à des questions d’ordre spirituel et administratif concernant l’avenir proche de la communauté et des centres de retraites. Lors de la cérémonie d’au revoir, le 2 juillet, Gyalwa Karmapa nous a annoncé son intention de revenir l’an prochain. D’une manière générale, et lorsqu’il n’est pas parmi nous, il nous a rappelé de nous tourner davantage vers Jigmé Rinpoché, le responsable spirituel de Kundreul Ling. Il nous a également encouragés à développer davantage de confiance les uns envers les autres. Sa disponibilité et sa clarté ont permis à chacun de recevoir des conseils individuels appropriés. Il a aussi consacré du temps aux stagiaires pratiquants, les encourageant à persévérer dans leurs intentions et leurs motivations positives.

Gyalwa Karmapa n’a pas oublié non plus les lecteurs du site internet...

Karmé Guendune : Comment définissezvous le chemin bouddhiste pour un pratiquant occidental ?

Gyalwa Karmapa : Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit. Nous les cultivons et essayons de reconnaître la nature de l’esprit. Il faut tout d’abord comprendre que le bouddhisme n’est pas une religion et qu’il n’est pas non plus exactement une philosophie parce que ces deux termes n’en recouvrent pas le sens. Très simplement, c’est une méthode, un enseignement et un mode de vie. C’est un mode de vie très particulier parce que c’est une façon d’atteindre le bonheur sans nuire à autrui.

Karmé Guendune : Que signifie être un pratiquant bouddhiste ?

Gyalwa Karmapa : Cela signifie essayer de cultiver toutes nos qualités positives afin de ne pas être un fardeau pour la société ni pour quiconque. Nous développons tout d’abord toutes ces qualités pour le bienfait des autres et ainsi, que ce soit directement ou indirectement, nous leur apportons naturellement de l’aide et devenons un exemple.

Karmé Guendune : Lorsque les pratiquants sont impliqués dans une vie quotidienne active et intense avec une famille, un travail, comment pratiquer le Dharma dans ce cas ?

Gyalwa Karmapa : Peu importe la vie que l’on mène, elle est déjà en soi une excellente pratique. Avoir du temps pour la pratique traditionnelle est bien sûr très bien, mais on peut appliquer dans sa propre vie tout ce que l’on a pu apprendre. Ceci s’avère bien plus qu’une pratique, c’est en fait vivre dans la pratique. La pratique formelle et la vie quotidienne ne doivent pas être séparées.

Karmé Guendune : Le bouddhisme tibétain est parfois considéré comme quelque chose de très exotique du fait de ses aspects extérieurs (rituels, divinités etc.). Parfois les pratiquants se focalisent sur ces aspects extérieurs et n’en comprennent pas le sens véritable. Comment se relier d’une façon correcte à cela ?

Gyalwa Karmapa : Tout d’abord, il faut comprendre que tous ces rituels, toutes ces divinités etc. sont de simples références. Il est nécessaire, dans un premier temps, d’identifier ces références avec tous les détails. Une fois ceci effectué, tout naturellement, il n’est plus possible d’en avoir de mauvaises compréhensions.

Karmé Guendune : Vous êtes habitué à beaucoup voyager en Occident, pensez-vous que la forme tibétaine du bouddhisme puisse s’enraciner véritablement en Occident et en Europe ?

Gyalwa Karmapa : Je peux voir qu’il y a une adaptation merveilleuse et naturelle du bouddhisme en Occident. Bien sûr, selon les circonstances, il peut y avoir quelques changements, les méthodes peuvent varier de temps à autre, néanmoins, je pense que l’essence même continuera toujours.

Karmé Guendune : Pourriez-vous donner un conseil aux membres d’une communauté de pratiquants, qu’ils résident dans un lieu comme Kundreul Ling ou qu’ils soient investis dans un centre ? Quel état d’esprit et quelle conduite se doivent- ils de respecter ?

Gyalwa Karmapa : Tout dépend de l’engagement que chacun a pris au départ. Si une personne s’est engagée sur la voie des arhats*, c’est alors exactement cette conduite qu’elle doit respecter. Il en va de même pour la voie des boddhisattvas. Et si c’est le chemin du vajrayana*, c’est alors celui-ci qu’il faut respecter. Pour être capable de respecter ses engagements correctement et de manière profonde, il faut toujours être attentif, prudent et vigilant quant aux actions que nous accomplissons par le corps, la parole et l’esprit.

Karmé Guendune : Ces dernières années vous avez voyagé à la fois en Occident et en Orient. Quelles particularités remarquez-vous en Occident en relation avec le Dharma ?

Gyalwa Karmapa : Les qualités que je vois en Occident sont que tous les pratiquants que j’ai pu rencontrer souhaitent vraiment apprendre le Dharma avec intelligence et intérêt pur. Il y a de très bonnes bases et chacun fait vraiment des efforts pour parvenir à un résultat. De nombreux pratiquants ont de très bonnes qualités, cependant, ils devraient faire attention à toujours garder à l’esprit que tant que l’éveil n’est pas atteint, il y a toujours souffrances et renaissances. Cela signifie qu’il faut faire des efforts pendant longtemps. Cela ne veut pas dire que si cela ne marche pas tout de suite, c’est la fin ! Ce que je veux dire c’est qu’il ne faut pas attendre de résultats immédiats. C’est très important parce que c’est souvent un obstacle. Parfois, du fait de forts obscurcissements*, les gens n’obtiennent pas de résultats tout de suite et abandonnent. C’est un obstacle auquel chacun doit être vigilant. Mis à part cela, les qualités positives et les bases sont présentes.

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Le vent de l’impermanence souffle - Lama Samdroup nous a quittés

Lama Samdroup s’est éteinte paisiblement jeudi 19 avril à 1h36 du matin, entourée de quelques membres de la communauté. Elle souffrait d’une forme de leucémie depuis le printemps 2005. Lama Samdroup est arrivée au début des années 80 à Dhagpo Kagyu Ling, en Dordogne, comme visiteuse. Elle s’est ensuite installée dans une petite maison dans les environs, puis non loin au lieu dit des Tranchats, ermitage de Pawo Rinpoché, maître qu’elle a servi tout en alternant des périodes de retraite. Lorsque le site de Kundreul Ling a été acquis en 1983, la première retraite traditionnelle de 3 ans se prépara et Lama Samdroup y participa en 1984 en tant que cuisinière. Elle souhaita ensuite poursuivre un autre cycle de trois ans. Ces deux premières retraites ont été effectuées au Bost, puis elle prit part en 1991 à une troisième retraite à Laussedat. Son aspiration profonde était de poursuivre dans cette voie, mais Guendune Rinpoché lui demanda de s’occuper des centres de retraite. Elle prit cette tâche à coeur par dévouement et respect pour lui. Sa contribution était celle du coeur, elle savait partager son expérience et son vécu de la pratique du Dharma avec beaucoup d’humanité. « Sa grande confiance en Guendune Rinpoché et son approche très humaine du Dharma », comme le souligne Lama Tsony, « ont touché et aidé de nombreuses personnes souvent de façon très discrète ».


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Une retraite de groupe à l’ermitage - Tentez l’expérience !

L’ermitage n’est pas qu’un lieu voué aux retraites individuelles. Christophe nous fait part de sa belle expérience en groupe.

Karmé Guendune : Pourquoi t’es-tu tourné vers le Bouddhisme ?

Christophe : J’ai toujours été intéressé par le Bouddhisme. A 25 ans, j’avais tout dans ma vie : une femme, un enfant, un coupé Mercedes. J’étais content mais c’était un bonheur fait d’illusions, cela sonnait faux. Je me suis aperçu que le bonheur ne dépend pas des choses extérieures !

Karmé Guendune : Es-tu ici en retraite individuelle ?

Christophe : Je ne suis jamais venu en retraite individuelle. Nous sommes un groupe du KTT de Pau en stage sur les paramitas* avec Lama Shédroup. La première session de pratique à 7h est libre. Après le petit déjeuner, il y a une méditation de groupe de 50 minutes environ puis l’enseignement et un espace pour les questions. L’après-midi est divisé entre sessions de pratique, enseignement et espace pour les questions.

Karmé Guendune : Quel est l’intérêt d’une retraite de groupe ?

Christophe : Comme nous sommes un petit groupe qui nous connaissons, pendant les sessions, les questions débordent sur notre expérience personnelle. Une retraite de groupe offre un cadre où nous n’avons pas peur de nous ouvrir les uns aux autres, de nous livrer. C’est intéressant car il me semble que cela n’est possible que dans le cadre d’une retraite, parce que nous partageons quelque chose d’intense et fort et nous nous sentons plus à l’aise, il y a davantage de confiance les uns envers les autres. Il est aussi vraiment intéressant d’essayer d’analyser, de « décortiquer » les choses.

Karmé Guendune : Qu’est-ce qui t’a motivé à venir à Kundreul Ling pour effectuer un tel stage ?

Christophe : Je viens pour me mettre sous l’influence de ce qui se passe ici. Cela signifie pour moi être sous l’influence de quelque chose qui n’est pas extérieur, mais profondément intérieur pour toucher le bonheur. Dans la vie quotidienne, il y a beaucoup d’agitation et je ne pratique pas assez pour toucher cette expérience de la même façon. On peut goûter au bonheur bien sûr mais ce n’est pas aussi concentré et intensif. D’autre part, on ne fonctionne pas ici sous les mêmes lois que « dans le monde ». A l’extérieur, nous sommes en perpétuels compétitions, conflits d’intérêts, jeux de pouvoir, cela ne tient pas ici, parce que nous ne sommes pas dans une lutte. Nous regardons tous dans la même direction, l’éveil, et nous essayons d’avancer ensemble. C’est moins fatiguant ! Cela correspond à ce que j’ai envie de vivre.

Karmé Guendune : Comment intègres-tu ton expérience de retraite à ta vie quotidienne ensuite ?

Christophe : Pour moi cela signifie essayer de rester vigilant à ce que je fais et utiliser les situations quotidiennes pour pratiquer. C’est beaucoup plus difficile qu’en retraite. Il y a plus d’agitation et de distractions à l’extérieur. Je suis influencé et plus agité dans l’esprit. Le jeu consiste à ne pas tomber trop loin dedans. Quand je rentre chez moi, j’essaie de faire bénéficier les autres de la joie que j’ai emmagasinée ici.

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Retour dans le monde au terme de 9 ans de retraite

Le ciel était gris lundi matin et pourtant la joie était au rendez-vous. Quelques personnes assemblées autour du stoupa du Bost sont venues accueillir dans l’intimité Drouplas Sempa et Lodreu qui sont sortis de retraite le 30 juillet. C’était l’occasion de retrouver un fils ou un frère, pour les proches de Sempa, un ami pour d’autres ou encore l’opportunité de rencontrer ces membres de la communauté qu’on n’avait pas vu pendant 9 ans. Accompagnés des moines et moniales de Kundreul Ling, ils sont sortis de leur centre de retraite pour rejoindre le stoupa où ils ont effectué une offrande symbolique de l’univers, offrande qu’ils ont renouvelé dans le petit temple avant de rencontrer chaque personne venue les accueillir, les retrouver, les saluer. Cette journée de pleine lune s’acheva par le rituel de Milarépa à Laussedat en présence de tous. Les deux retraitants, disponibles et enthousiastes ont participé à une rencontre entre pratiquants à Croizet dès le surlendemain, faisant ainsi partagé leur expérience du Dharma à tous.

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Visite estivale de Mipham Rinpoché

Du 1er au 8 août, nous avons eu la joie de recevoir Mipham Rinpoché et son épouse Détchen Wangmo. Ils étaient accompagnés de leur plus jeune fils Seunam Tsémo Rinpoché et de Khenpo Ngédeun. Seunam Tsémo Rinpoché 14ème du nom, âgé de 21 ans, est un grand maître reconnu par diverses lignées du bouddhisme tibétain. Il poursuit son éducation en Inde du Nord au collège monastique de Kalimpong. Chacun a pû apprécier sa générosité et son humour lors de l’enseignement sur l’amour et la compassion qu’il a donné dans le grand temple. Malgré son jeune âge, la profondeur de son enseignement et sa présence ont touché tout le monde. Khenpo Ngédeun a aussi enseigné une soirée sur le thème des souhaits. Mipham Rinpoché s’est très bien remis de ses soucis de santé de l’année dernière et se porte au mieux. Il a souhaité cette année se consacrer davantage à la pratique.

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Retraite du nouvel an tibétain

Le nouvel an tibétain, appelé lossar, est l’occasion de faire un grand ménage intérieur et extérieur pour accueillir le printemps et pour commencer l’année sous les meilleurs auspices. Cette année, une vingtaine de moniales et laïques, lamas et drouplas, ont effectué 10 jours de retraite à Laussedat du 8 au 18 février. Le rituel débutait dès 7h le matin et se poursuivait jusqu’à 19h30, entrecoupé de quelques pauses. Chacune a été heureuse de cette période de pratique intensive et souhaite renouveler l’expérience l’année prochaine.

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Retraites à Kundreul Ling

Voir le programme des retraites à Kundreul Ling

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Souhaits et prières


Si vous ou l’un de vos proches traversez une période difficile (maladie, décès ou aide morale), vous pouvez demander un soutien spirituel à la communauté de Kundreul Ling, en téléphonant à l’accueil du Bost. Nous inscrirons les noms donnés sur la liste des intentions de prières et de souhaits qui est transmise quotidiennement à tous les centres de retraite et aux ermitages monastiques.

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Glossaire :

Arhat : Degré de réalisation de celui qui s’est affranchi seul du cycle des existences.

Bodhisattva : Etre qui s’engage à atteindre la bouddhéité afin de libérer tous les êtres de la souffrance du cycle des existences.

Dordjé Sempa : Expression de l’éveil et plus particulièrement de son pouvoir de purification.

Gyalwa Karmapa : Siège et principal centre européen de l’école Karma Kagyu.

Gyalwa Karmapa : Etre éveillé qui se manifeste sous la forme d’un maître hautement réalisé. Chef spirituel de l’école Karma Kagyu du bouddhisme tibétain. Thayé Dordjé est l’actuel XVIIème Gyalwa Karmapa.

KTT : Groupes locaux de pratiquants reliés à Dhagpo Kagyu Ling au sein d’une association. Régulièrement des lamas et drouplas rendent visite à ces groupes pour y enseigner.

Obscurcissements : Emotions conflictuelles qui perturbent et voilent l’esprit.

Paramitas : Qualités spirituelles développées graduellement par les bodhisattvas sur la voie de l’éveil. Les 6 premières sont la générosité, la conduite éthique, la patience, la persévérance, la stabilité méditative et la connaissance transcendante.

Vajrayana : Ensemble de méthodes bouddhiques spécifiques visant à atteindre l’éveil rapidement.

Sangha : La communauté spirituelle monastique, guide des êtres vers la libération.

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Kundreul Ling


Le Bost
63640 Biollet
FRANCE

Accueil :
tél : 04 73 52 24 34
fax : 04 73 52 24 36
mél. : ktl@dhagpo-kagyu.org

Laussedat
63640 Saint-Priest des Champs
FRANCE

Accueil :
tél. : 04 73 52 20 92
fax : 04 73 52 21 93
mél. : laussedat@dhagpo-kagyu.org

L’ermitage
le Bost
63640 Biollet
FRANCE

Accueil :
tél : 04 73 52 24 60
fax : 04 73 52 24 53
mél. : ermitage@dhagpo-kagyu.org

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